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Changement d'adresse 24/07/2008
Chers lecteurs,
Merci de noter que Nelly Blogue change d'adresse et que l'URL actuelle ne fonctionnera plus dès septembre.
Je vous invite à mettre à jour vos favoris dès maintenant, avec le nouvel URL :
http://www.nellyblogue.com
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Chez nous, le vendeur est roi 20/07/2008
Hassan Cehef est mort une deuxième fois aujourd'hui
Hier, magasin d'électroménager à la Défense. Je pars pour acheter un climatiseur. Le magasin n'expose aucun modèle de la catégorie que je souhaite. Il n'y en a que pour une dizaine de monoblocs. Le vendeur, disponible, m'entraîne à une table pour étudier mon cas (au milieu d'une pluie de postillons tout blancs). Il a deviné le portefeuille bien garni et prêt à s'ouvrir. Admettons que c'est le cas : lorsque j'achète quelque chose, ma devise est « qu'importe le prix pourvu que la qualité y soit et que l'emm***ement soit réduit au minimum ». Postillonator contemple donc la vente d'une clim ET la livraison ET l'installation. Et avec un peu de chance, la garantie extensible de 500 000 ans.
Première surprise, il n'y a que deux modèles. « voilà les deux modèles que nous avons », texto. Je cherche pourtant un type de clim très commun, le type « split » dans le jargon. 1000 et 1300 euros.
Je m'étouffe, marque un long silence éloquent pour reprendre ma respiration. Que dalle, fais-je savoir, j'ai mené mon étude sur internet, et c'est 900 euros que je raquerai.
Premier blabla bullshit qui m'indique que je paye la marque super-célèbre, que c'est super-mieux avec celle-là, etc.
Je réponds que 400 euros pour un logo sur une clim, je n'ai pas les moyens. Il me promet un « geste commercial » d'environ 40 euros. Trouve-moi autre chose. Une clim de pauvre, quelque chose d'africain, n'importe quoi mais en split.
Surprise ! Il retrouve (en une seconde) un modèle split à 700 euros sur son PC. « mais il ne sera pas aussi bien ». Second blabla bullshit sur les mésaventures d'un type qui a acheté une machine à laver sur internet, que le vendeur n'avait même pas débridé, et sur tous les risques en général que Magasin d'Electroménager m'évite.
Je suis positivement enthousiaste, pour le coup. Cela faisait au moins plusieurs années que je n'avais plus observé ce comportement de vendeur d'encyclopédie. Le modèle à 1300 ne vous convient pas ? Tiens, j'avais oublié, il y en a un deux fois moins cher. Je vis un moment unique.
Bien entendu, à ce moment, la vente est perdue. Je dis au gars que, fort de ses nouvelles informations, je vais réétudier la concurrence, et je lui demande, pour être complet, le tarif d'une installation. Après tout, il faut faire un trou et ça ne sera pas gratuit.
Fouille approfondie sur le PC. Trouve pas. Appel téléphonique. « 75 euros le bilan thermique ». Gnééé ? Bon, coco, tu rappelles ton collègue et tu lui demandes le prix pour une installation de climatisation, maintenant, OK ? Le bilan thermique de mon appartement, je le connais : neuf, bien isolé, et chaud en toutes saisons, hélas. Les voisins aiment tant le chauffage que je ne pourrais le mettre qu'en décembre chaque année. « il faut faire un bilan thermique d'abord ». Donc je paie 75 euros pour avoir le droit de savoir combien va me coûter le trou dans le mur ? « oui ». Et « étude du type de perceuse à employer », ça s'appelle « bilan thermique » ? En deux secondes, je suis debout, « merciaurevoir » et je pars en courant. Mon fric ne sera pas pour toi.
Mais comment ce type-la fait-il pour garder son job ?
Résultat des courses, j'ai demandé quelques devis par internet. « Eradication de l'élément humain », comme dit un ami. On va pouvoir recommencer le cinéma avec cinq installateurs locaux.
Pour mémoire, il m'était arrivé, dans ce même magasin, d'acheter un autre climatiseur il y a 4 ans et de repartir, cinq minutes après le passage aux caisses, dans la fourgonette du livreur, avec le climatiseur, direction chez moi, pour une mise en service immédiate. Une demi-heure après avoir fait chauffer la carte bleue, je baignais dans l'air frais. Les choses ont bien changé.
Première surprise, il n'y a que deux modèles. « voilà les deux modèles que nous avons », texto. Je cherche pourtant un type de clim très commun, le type « split » dans le jargon. 1000 et 1300 euros.
Je m'étouffe, marque un long silence éloquent pour reprendre ma respiration. Que dalle, fais-je savoir, j'ai mené mon étude sur internet, et c'est 900 euros que je raquerai.
Premier blabla bullshit qui m'indique que je paye la marque super-célèbre, que c'est super-mieux avec celle-là, etc.
Je réponds que 400 euros pour un logo sur une clim, je n'ai pas les moyens. Il me promet un « geste commercial » d'environ 40 euros. Trouve-moi autre chose. Une clim de pauvre, quelque chose d'africain, n'importe quoi mais en split.
Surprise ! Il retrouve (en une seconde) un modèle split à 700 euros sur son PC. « mais il ne sera pas aussi bien ». Second blabla bullshit sur les mésaventures d'un type qui a acheté une machine à laver sur internet, que le vendeur n'avait même pas débridé, et sur tous les risques en général que Magasin d'Electroménager m'évite.
Je suis positivement enthousiaste, pour le coup. Cela faisait au moins plusieurs années que je n'avais plus observé ce comportement de vendeur d'encyclopédie. Le modèle à 1300 ne vous convient pas ? Tiens, j'avais oublié, il y en a un deux fois moins cher. Je vis un moment unique.
Bien entendu, à ce moment, la vente est perdue. Je dis au gars que, fort de ses nouvelles informations, je vais réétudier la concurrence, et je lui demande, pour être complet, le tarif d'une installation. Après tout, il faut faire un trou et ça ne sera pas gratuit.
Fouille approfondie sur le PC. Trouve pas. Appel téléphonique. « 75 euros le bilan thermique ». Gnééé ? Bon, coco, tu rappelles ton collègue et tu lui demandes le prix pour une installation de climatisation, maintenant, OK ? Le bilan thermique de mon appartement, je le connais : neuf, bien isolé, et chaud en toutes saisons, hélas. Les voisins aiment tant le chauffage que je ne pourrais le mettre qu'en décembre chaque année. « il faut faire un bilan thermique d'abord ». Donc je paie 75 euros pour avoir le droit de savoir combien va me coûter le trou dans le mur ? « oui ». Et « étude du type de perceuse à employer », ça s'appelle « bilan thermique » ? En deux secondes, je suis debout, « merciaurevoir » et je pars en courant. Mon fric ne sera pas pour toi.
Mais comment ce type-la fait-il pour garder son job ?
Résultat des courses, j'ai demandé quelques devis par internet. « Eradication de l'élément humain », comme dit un ami. On va pouvoir recommencer le cinéma avec cinq installateurs locaux.
Pour mémoire, il m'était arrivé, dans ce même magasin, d'acheter un autre climatiseur il y a 4 ans et de repartir, cinq minutes après le passage aux caisses, dans la fourgonette du livreur, avec le climatiseur, direction chez moi, pour une mise en service immédiate. Une demi-heure après avoir fait chauffer la carte bleue, je baignais dans l'air frais. Les choses ont bien changé.
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ordinations 2008 à Gricigliano 18/07/2008
Episode second : le parfum de la dame au chapeau
L'enveloppe du jour : un retour de la fête maritime de Brest, via "la marcophilie navale". Et demain, si tout va bien, une débauche de cachets antarctiques.
Seconde journée. Reveil à sheraton-palace (pas de bureau, pas de corbeille, pas de télé, pas de téléphone, pas de wifi). Enfin bon, à la guerre comme à la guerre. Nous descendons chez les sœurs où l'abbé doit dire sa messe. Un couvent de sœurs non cloitrées (mais largement bâchées) est en effet « adossé » à l'Institut, et logé dans une maison autrefois de maître, en piteux état après avoir servi à héberger des marginaux. Des marginaux en pleine campagne toscane, voilà qui ne s'imagine pas.
Je sers la messe et me prends le bock de l'année en manquant de tourner de l'œil entre la collecte et l'épitre. Heureusement, Guillaume me remplace au pied levé. La désertion d'autel n'est pas une chose très glorieuse.
La matinée est consacrée à suivre la messe des ordres mineurs, sur l'écran du réfectoire car la chapelle est encore bondée au-delà du raisonnable. Il y a pléthore d'ordinands, entre cinq et dix pour chaque ordre : portier, lecteur, exorciste et acolyte. Les lecteurs qui seraient moins familiers avec tout cela apprendront qu'il s'agit d'ordres pratiquement « honorifiques », que l'on a conservé de l'antiquité chrétienne mais qui ne recouvrent plus grand-chose de concret. Aucune église n'a plus, depuis des siècles voire plus d'un millénaire, le clergé suffisant pour entretenir un portier ou un lecteur. Les lectures sont depuis longtemps réservées aux sous-diacres et aux diacres, et les exorcismes sont réalisés très généralement par un prêtre spécialisé dans chaque diocèse, et non par un clerc mineur. Il faut donc voir dans ces « ordres mineurs » des « grades » conférés à la fin de chacune des premières années de séminaire, conservés ici par fidélité aux premiers temps de l'Eglise. (On arguera peut-être que les lectures de matines ne sont pas faites par un sous-diacre, certes).
Avant cela, les futurs portiers sont tonsurés. C'est encore une fois de manière symbolique puisque l'évêque leur coupe une mèche de cheveux aux quatre coins du crâne ainsi qu'au milieu. Ce n'est pas une tonsure de moine.
Des monastères conservateurs comme Fontgombault n'ont pas, à ma connaissance, conservé les ordres mineurs ; mais les moines les plus anciens se souviennent encore de l'époque, avant le concile, où ils étaient conférés.
Après cela, repas, puis je suis l'abbé dans Florence où il doit faire quelques courses. Florence, que je ne connaissais pas, est une ville éblouissante, ou tout semble beau. C'est au moins du niveau de Paris. Visite rapide à la cathédrale, à San Lorenzo et traversée du Ponte Vecchio.
De retour à la Villa Martelli, vepres solennelles puis dîner. « Je suis la dame au chapeau », nous dit une commensale. « On me raille parce que j'en porte un tous les jours. Mes railleuses n'en portent pas, elles, tout simplement parce qu'elles ne sont pas assez jolies. Elles n'ont pas des têtes à chapeau ». C'est le moment, je crois, de signaler qu'aucun repas pris sur place n'aura été ennuyeux. Séminaristes nouvellement ensoutanés, dame au chapeau, ténors du Forum Catholique, gardes du corps de son Eminence le dernier jour, amis des amis, parents de séminaristes, latino-américains distingués membres de la TFP… on a parlé beaucoup de fringues mais pas seulement. Il faut dire que Guillaume a ses entrées dans la maison et semble connaître tout le monde.
Dîner au son de la musique baroque (des haut-parleurs sont disposés dans les cours) et retour à l'hôtel. Je n'ai pas encore tout à fait sommeil ; un épisode de Oz est le bienvenu avant que je m'abandonne dans les bras de Morphée. Il fait une chaleur à crever et je suis bon pour dormir en petite tenue, sans drap ni couverture et la fenêtre ouverte. Ce serait parfait si les locaux ne choisissaient pas de tenir causette sous mes fenêtres. (petit rappel : ils parlent en italien, les locaux !)
Seconde journée. Reveil à sheraton-palace (pas de bureau, pas de corbeille, pas de télé, pas de téléphone, pas de wifi). Enfin bon, à la guerre comme à la guerre. Nous descendons chez les sœurs où l'abbé doit dire sa messe. Un couvent de sœurs non cloitrées (mais largement bâchées) est en effet « adossé » à l'Institut, et logé dans une maison autrefois de maître, en piteux état après avoir servi à héberger des marginaux. Des marginaux en pleine campagne toscane, voilà qui ne s'imagine pas.
Je sers la messe et me prends le bock de l'année en manquant de tourner de l'œil entre la collecte et l'épitre. Heureusement, Guillaume me remplace au pied levé. La désertion d'autel n'est pas une chose très glorieuse.
La matinée est consacrée à suivre la messe des ordres mineurs, sur l'écran du réfectoire car la chapelle est encore bondée au-delà du raisonnable. Il y a pléthore d'ordinands, entre cinq et dix pour chaque ordre : portier, lecteur, exorciste et acolyte. Les lecteurs qui seraient moins familiers avec tout cela apprendront qu'il s'agit d'ordres pratiquement « honorifiques », que l'on a conservé de l'antiquité chrétienne mais qui ne recouvrent plus grand-chose de concret. Aucune église n'a plus, depuis des siècles voire plus d'un millénaire, le clergé suffisant pour entretenir un portier ou un lecteur. Les lectures sont depuis longtemps réservées aux sous-diacres et aux diacres, et les exorcismes sont réalisés très généralement par un prêtre spécialisé dans chaque diocèse, et non par un clerc mineur. Il faut donc voir dans ces « ordres mineurs » des « grades » conférés à la fin de chacune des premières années de séminaire, conservés ici par fidélité aux premiers temps de l'Eglise. (On arguera peut-être que les lectures de matines ne sont pas faites par un sous-diacre, certes).
Avant cela, les futurs portiers sont tonsurés. C'est encore une fois de manière symbolique puisque l'évêque leur coupe une mèche de cheveux aux quatre coins du crâne ainsi qu'au milieu. Ce n'est pas une tonsure de moine.
Des monastères conservateurs comme Fontgombault n'ont pas, à ma connaissance, conservé les ordres mineurs ; mais les moines les plus anciens se souviennent encore de l'époque, avant le concile, où ils étaient conférés.
Après cela, repas, puis je suis l'abbé dans Florence où il doit faire quelques courses. Florence, que je ne connaissais pas, est une ville éblouissante, ou tout semble beau. C'est au moins du niveau de Paris. Visite rapide à la cathédrale, à San Lorenzo et traversée du Ponte Vecchio.
De retour à la Villa Martelli, vepres solennelles puis dîner. « Je suis la dame au chapeau », nous dit une commensale. « On me raille parce que j'en porte un tous les jours. Mes railleuses n'en portent pas, elles, tout simplement parce qu'elles ne sont pas assez jolies. Elles n'ont pas des têtes à chapeau ». C'est le moment, je crois, de signaler qu'aucun repas pris sur place n'aura été ennuyeux. Séminaristes nouvellement ensoutanés, dame au chapeau, ténors du Forum Catholique, gardes du corps de son Eminence le dernier jour, amis des amis, parents de séminaristes, latino-américains distingués membres de la TFP… on a parlé beaucoup de fringues mais pas seulement. Il faut dire que Guillaume a ses entrées dans la maison et semble connaître tout le monde.
Dîner au son de la musique baroque (des haut-parleurs sont disposés dans les cours) et retour à l'hôtel. Je n'ai pas encore tout à fait sommeil ; un épisode de Oz est le bienvenu avant que je m'abandonne dans les bras de Morphée. Il fait une chaleur à crever et je suis bon pour dormir en petite tenue, sans drap ni couverture et la fenêtre ouverte. Ce serait parfait si les locaux ne choisissaient pas de tenir causette sous mes fenêtres. (petit rappel : ils parlent en italien, les locaux !)
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Bastille Day 14/07/2008
Afin de fêter dignement la fête des coupeurs de têtes, je me suis enfui de bon matin à Londres où je devais rencontrer un client. Nous avons travaillé, bien déjeuné dans un japonais puis, l'horaire de mon retour aidant, je me suis payé une grande tranche fétichissime en allant visiter le musée de la "household cavalry". Quand on se lasse des uniformes scouts, il faut passer à des drogues plus fortes.
Le musée est petit mais très bien fait. Il y a quelques stalles d'écurie désaffectées, où les gamins qui visitent peuvent s'habiller successivement en uniforme camouflé de conducteur de char, puis en grand truc rouge à crinière que le monde entier vient photographier ici, et dire "lequel des deux uniformes ils préfèrent". Bref, un endroit qui, si tradiland le découvrait, deviendrait un lieu de pèlerinage. Il y a aussi quelques bonnes phrases, on y dit trop souvent "pour le roi et la patrie" pour être honnête, et la France n'y est pas oubliée puisqu'il est écrit en toutes lettres qu'elle propageait, déjà à l'époque napoléonienne, de "dangereuses idées républicaines". Qu'est-ce que ça doit être maintenant. Les amateurs de "spi" pourront y voir aussi un petit autel de campagne ayant servi, parait-il, dans les tranchées, et une étole du même cru. Le tout super-astiqué, sans un grain de poussière.
J'ai auparavant traversé le quartier des Champs pour me rendre à la gare, ce matin à six heures. Plein de ces "amateurs" que dénigre injustement le président de la république. Cela fait son petit effet, de remonter une colonne d'automitrailleuses à contresens sur l'avenue Marceau. Cela devait aussi faire son petit effet à ceux qui roulaient dedans, à en juger par les grands sourires des soldats perchés là-haut. C'est vrai qu'il y a de quoi fantasmer. Allez par exemple sur le Pont des Arts, franchissez-le d'un pas lent et mesuré en fredonnant pour vous la "marche impériale" de la guerre des étoiles, et regardez si vous ne souriez pas un peu. Alors rouler en blindé vers l'Etoile, hein...
Je termine ce très agréable 14 juillet en écoutant la première de Brahms par Furtwängler. A la porte de la Chapelle, tout à l'heure, des jeunes s'amusaient à faire sauter des semblants de feux d'artifice sur le trottoir. Chacun son truc...
Le musée est petit mais très bien fait. Il y a quelques stalles d'écurie désaffectées, où les gamins qui visitent peuvent s'habiller successivement en uniforme camouflé de conducteur de char, puis en grand truc rouge à crinière que le monde entier vient photographier ici, et dire "lequel des deux uniformes ils préfèrent". Bref, un endroit qui, si tradiland le découvrait, deviendrait un lieu de pèlerinage. Il y a aussi quelques bonnes phrases, on y dit trop souvent "pour le roi et la patrie" pour être honnête, et la France n'y est pas oubliée puisqu'il est écrit en toutes lettres qu'elle propageait, déjà à l'époque napoléonienne, de "dangereuses idées républicaines". Qu'est-ce que ça doit être maintenant. Les amateurs de "spi" pourront y voir aussi un petit autel de campagne ayant servi, parait-il, dans les tranchées, et une étole du même cru. Le tout super-astiqué, sans un grain de poussière.
J'ai auparavant traversé le quartier des Champs pour me rendre à la gare, ce matin à six heures. Plein de ces "amateurs" que dénigre injustement le président de la république. Cela fait son petit effet, de remonter une colonne d'automitrailleuses à contresens sur l'avenue Marceau. Cela devait aussi faire son petit effet à ceux qui roulaient dedans, à en juger par les grands sourires des soldats perchés là-haut. C'est vrai qu'il y a de quoi fantasmer. Allez par exemple sur le Pont des Arts, franchissez-le d'un pas lent et mesuré en fredonnant pour vous la "marche impériale" de la guerre des étoiles, et regardez si vous ne souriez pas un peu. Alors rouler en blindé vers l'Etoile, hein...
Je termine ce très agréable 14 juillet en écoutant la première de Brahms par Furtwängler. A la porte de la Chapelle, tout à l'heure, des jeunes s'amusaient à faire sauter des semblants de feux d'artifice sur le trottoir. Chacun son truc...
Une vie de tradi
Ordinations 2008 à Gricigliano 13/07/2008
1er épisode : le yack sur le toit
Chers lecteurs,
Tout ce qui suit ou presque a été saisi, à la hâte et sans accents, sur mon PDA. Soyez indulgent envers ma flemme qui me commande de ne rien corriger - ou presque.
1ere étape : Paris - Bale
On voit le Haut-Koenigsbourg depuis le train. C'est le Puy de Dome local!
En route pour une semaine d'ordinations a Gricigliano. C'est un ami qui a tout organise. Je ne connais ni l'endroit, ni les gens, ni l'hotel. Quelle aventure!
Hier, tentative de reserver des hotels entre le Puy et Florac, ou je me propose de randonner. Complet complet complet. Je me retourne sur Terre d'Aventure : il faut etre deux et je ne le suis pas. Il ne me reste qu'a me joindre a un groupe, et aucun ne va en Aubrac aux dates qui me plaisent. Bref, je vais me retrouver a Sao Paulo sans savoir quoi faire : il est plus facile, apparemment, de se rendre au bout du monde que de se promener quelques jours dans son pays.
(Note du 13/7 : en fin de compte et après avoir considéré des vacances dans tous les endroits touristiques de la planète (y compris et surtout Foz do Iguaçu), je me suis fixé sur le programe suivant :
- 1ere semaine : Jersey et Guernesey
- 2e semaine : en Suisse entre Zermatt et St Moritz
- 3e semaine : randonnée dans l'Aubrac avec un ami et collègue de bureau
Et les Kerguelen? diront certains? Ma foi! Si je goupille bien le timing de ma démission, je devrais pouvoir y partir pour l'été austral, c'est à dire en décembre ou janvier. Rien de pressé, donc ;-) )
Le train semble plein de Suisses qui rentrent de la gay pride. Etoinnamment plein pour un dimanche midi. Mais sont-ce des Suisses? Ils se parlent tantot en anglais, tantot en dialecte, c'est comme si les uns ne comprenaient pas le dialecte des autres.
Bale. J'arrive pour le salut et la messe dominicale dans une belle eglise des faubourgs. Guillaume est la, Alex arrive. Tous deux servent la messe. Une petite chorale feminine, de l'orgue : cette paroisse est gatee!
Salutations a la sacristie. Les dames du cru nous demandent a tous les trois : seminaristes? Nous devons en avoir l'air. Pour le reste, Bale est une ville suisse avec quelques edifices plus rhenans que vraiment suisses.
Diner dans la maison ou nous logeons, pretee par des paroissiens. Dehors, les bruits des supporters allemands et espagnols : c'est la finale de l'euro 2008 ce soir.
23 heures. Lever prevu demain a 5 moins le quart. Ca gueule sans discontinuer, ca klaxonne dans les rues - un klaxon en particulier, immobile, proche, pendant plus d'une heure. Compte tenu du volume de bruit et de la proximite geographique, je crois que l'allemagne a gagne. Il n'en est rien, ce sont les espagnols qui chahutent. Il doit y en avoir des millions a Bale.
Toilette et pddm vers cinq heures. A six heures 15, nous partons.
Après un fatigant voyage (750 km dont une bonne part avalés par votre serviteur), nous arrivons a Gricigliano. Nous aurons entre temps fait escale a Andermatt pour voir (et re-revoir dans mon cas) le defile des Schoellenen, (et admirer, car elles resteront dans les annales du folklore excentrique de notre petit groupe sous le nom de "yacks sur le toit", quelques vaches échappées des pentes du Sustenpass paissant paisiblement sur le toit d'une voie ferrée couverte).
Nous aurons endure les ralentissements milanais et absorbe un repas mageable, quelque part sur un pont-resto a 100 km de Bologne. Puis nous aurons fait un large detour par La Spezia (la route directe est bloquee) et nous nous serons brievement paumes une ou deux fois.
Bref, je suis a "Grici", ancienne fondation de Fontgombault (je me suis donc rendu dans toutes, c'est une première : Triors en 94, Randol en 95, Gaussan en 97, Fontgombault en 99, Clear Creek en 2003), et seminaire vante par mon entourage depuis douze-treize ans.
J'oublie - c'est tres impoli - de pousser les petits cris de joie qui s'imposent. Guillaume est certainement decu... Mais n'a-t-il pas entendu le nom, pour la premiere fois, de ma bouche?
(NdR : après vérification, non, il l'avait entendu avant. Mais c'est moi qui en ai fait la pub la plus intense vers 1995, après avoir vu, mi-ébloui, mi-amusé, une messe pontificale avec cappa lors du premier congrès du CIEL, près de Gap).
C'est une villa toscane, ocre et choupinette, sur un bras de colline. Pour le reste, mes lecteurs curieux ont certainement déjà vu tout ce qu'il fallait en voir dans les somptueux bulletins de l'institut. Guillaume est pratiquement un familier et ne peut faire un pas sans dire bonjour. Il y a la bien trop de tetes a retenir. J'en verrai là quelques connues, Philippe Maxence par exemple, ou des lecteurs du Forum Catho avec qui j'avais échangé dans le temps la rituelle engueulade. Comme d'habitude, tout le monde est cent fois mieux en vrai que sur mon écran.
Premiere ceremonie, prise de soutane. La chapelle est trop petite et nous devons suivre cela dans le refectoire ou un projecteur a ete place. Cela commence par un laius interminable de trente minutes, on me dit que c'est l'engagement de quelques seminaristes dans l'institut. De toutes facons, la salle est dans la penombre et il n'y a rien pour suivre.
Après, je sers la messe a l'abbe dans une chapelle fraiche et Alex se met a l'orgue. C'est ensuite le diner. Les places sont cheres et il y a du monde.
Je decouvre ensuite ma chambre dans un "albergo" des environs. On m'a assure que c'etait un hotel. Est-ce sur? Douche et wc sur le palier, pas de bureau, pas de descente de lit, pddm a heure fixe, cela ressemble plus a une hotellerie religieuse ;-)))
L'immortifié que je suis decouvre qu'il y a des hotels qui ne sont pas le Sheraton. O douleur! Mais j'ai le dernier Jean Clair et un Thomas Pynchon pour me tenir compagnie. Et des DVD de la saison 2 de Oz, j'ai vraiment tout prévu.
(à suivre)
Now playing : John Zorn, "the dreamers"
Tout ce qui suit ou presque a été saisi, à la hâte et sans accents, sur mon PDA. Soyez indulgent envers ma flemme qui me commande de ne rien corriger - ou presque.
1ere étape : Paris - Bale
On voit le Haut-Koenigsbourg depuis le train. C'est le Puy de Dome local!
En route pour une semaine d'ordinations a Gricigliano. C'est un ami qui a tout organise. Je ne connais ni l'endroit, ni les gens, ni l'hotel. Quelle aventure!
Hier, tentative de reserver des hotels entre le Puy et Florac, ou je me propose de randonner. Complet complet complet. Je me retourne sur Terre d'Aventure : il faut etre deux et je ne le suis pas. Il ne me reste qu'a me joindre a un groupe, et aucun ne va en Aubrac aux dates qui me plaisent. Bref, je vais me retrouver a Sao Paulo sans savoir quoi faire : il est plus facile, apparemment, de se rendre au bout du monde que de se promener quelques jours dans son pays.
(Note du 13/7 : en fin de compte et après avoir considéré des vacances dans tous les endroits touristiques de la planète (y compris et surtout Foz do Iguaçu), je me suis fixé sur le programe suivant :
- 1ere semaine : Jersey et Guernesey
- 2e semaine : en Suisse entre Zermatt et St Moritz
- 3e semaine : randonnée dans l'Aubrac avec un ami et collègue de bureau
Et les Kerguelen? diront certains? Ma foi! Si je goupille bien le timing de ma démission, je devrais pouvoir y partir pour l'été austral, c'est à dire en décembre ou janvier. Rien de pressé, donc ;-) )
Le train semble plein de Suisses qui rentrent de la gay pride. Etoinnamment plein pour un dimanche midi. Mais sont-ce des Suisses? Ils se parlent tantot en anglais, tantot en dialecte, c'est comme si les uns ne comprenaient pas le dialecte des autres.
Bale. J'arrive pour le salut et la messe dominicale dans une belle eglise des faubourgs. Guillaume est la, Alex arrive. Tous deux servent la messe. Une petite chorale feminine, de l'orgue : cette paroisse est gatee!
Salutations a la sacristie. Les dames du cru nous demandent a tous les trois : seminaristes? Nous devons en avoir l'air. Pour le reste, Bale est une ville suisse avec quelques edifices plus rhenans que vraiment suisses.
Diner dans la maison ou nous logeons, pretee par des paroissiens. Dehors, les bruits des supporters allemands et espagnols : c'est la finale de l'euro 2008 ce soir.
23 heures. Lever prevu demain a 5 moins le quart. Ca gueule sans discontinuer, ca klaxonne dans les rues - un klaxon en particulier, immobile, proche, pendant plus d'une heure. Compte tenu du volume de bruit et de la proximite geographique, je crois que l'allemagne a gagne. Il n'en est rien, ce sont les espagnols qui chahutent. Il doit y en avoir des millions a Bale.
Toilette et pddm vers cinq heures. A six heures 15, nous partons.
Après un fatigant voyage (750 km dont une bonne part avalés par votre serviteur), nous arrivons a Gricigliano. Nous aurons entre temps fait escale a Andermatt pour voir (et re-revoir dans mon cas) le defile des Schoellenen, (et admirer, car elles resteront dans les annales du folklore excentrique de notre petit groupe sous le nom de "yacks sur le toit", quelques vaches échappées des pentes du Sustenpass paissant paisiblement sur le toit d'une voie ferrée couverte).
Nous aurons endure les ralentissements milanais et absorbe un repas mageable, quelque part sur un pont-resto a 100 km de Bologne. Puis nous aurons fait un large detour par La Spezia (la route directe est bloquee) et nous nous serons brievement paumes une ou deux fois.
Bref, je suis a "Grici", ancienne fondation de Fontgombault (je me suis donc rendu dans toutes, c'est une première : Triors en 94, Randol en 95, Gaussan en 97, Fontgombault en 99, Clear Creek en 2003), et seminaire vante par mon entourage depuis douze-treize ans.
J'oublie - c'est tres impoli - de pousser les petits cris de joie qui s'imposent. Guillaume est certainement decu... Mais n'a-t-il pas entendu le nom, pour la premiere fois, de ma bouche?
(NdR : après vérification, non, il l'avait entendu avant. Mais c'est moi qui en ai fait la pub la plus intense vers 1995, après avoir vu, mi-ébloui, mi-amusé, une messe pontificale avec cappa lors du premier congrès du CIEL, près de Gap).
C'est une villa toscane, ocre et choupinette, sur un bras de colline. Pour le reste, mes lecteurs curieux ont certainement déjà vu tout ce qu'il fallait en voir dans les somptueux bulletins de l'institut. Guillaume est pratiquement un familier et ne peut faire un pas sans dire bonjour. Il y a la bien trop de tetes a retenir. J'en verrai là quelques connues, Philippe Maxence par exemple, ou des lecteurs du Forum Catho avec qui j'avais échangé dans le temps la rituelle engueulade. Comme d'habitude, tout le monde est cent fois mieux en vrai que sur mon écran.
Premiere ceremonie, prise de soutane. La chapelle est trop petite et nous devons suivre cela dans le refectoire ou un projecteur a ete place. Cela commence par un laius interminable de trente minutes, on me dit que c'est l'engagement de quelques seminaristes dans l'institut. De toutes facons, la salle est dans la penombre et il n'y a rien pour suivre.
Après, je sers la messe a l'abbe dans une chapelle fraiche et Alex se met a l'orgue. C'est ensuite le diner. Les places sont cheres et il y a du monde.
Je decouvre ensuite ma chambre dans un "albergo" des environs. On m'a assure que c'etait un hotel. Est-ce sur? Douche et wc sur le palier, pas de bureau, pas de descente de lit, pddm a heure fixe, cela ressemble plus a une hotellerie religieuse ;-)))
L'immortifié que je suis decouvre qu'il y a des hotels qui ne sont pas le Sheraton. O douleur! Mais j'ai le dernier Jean Clair et un Thomas Pynchon pour me tenir compagnie. Et des DVD de la saison 2 de Oz, j'ai vraiment tout prévu.
(à suivre)
Now playing : John Zorn, "the dreamers"
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Mid Winter 08/07/2008
On appelle "mid winter" les festivités qui accompagnent, durant une semaine, le solstice d'hiver dans les bases des îles australes et des terres polaires. On est dans l'hémisphère sud : winter --> 21 juin.
L'événement est commémoré philatéliquement par un cachet dont je copie ici un exemplaire, trouvé dans ma boîte il y a quelques jours. Un petit peu de lecture sur "les manchots de la république" vous donnera une impression de l'ambiance de folie douce qui se dégage de ces journées.
http://kerguelen.blogs.liberation.fr/libessart/2008/06/le-jour-le-moin.html
Pour moi, la "mid winter" a été passée à Gricigliano en bonne compagnie. J'ai assisté à de nombreuses ordinations qui ont donné deux nouveaux prêtres, deux diacres, 5 sous diacres et une pléthore d'acolytes, exorcistes, lecteurs et portiers à la Sainte Eglise. La "promo" de cette année comprend 15 séminaristes, qui ont pris la soutane il y a quelques jours.
J'ai aussi passé du bon temps et découvert (au pas de course) Florence, qui est d'une beauté à couper le souffle. J'ai même croisé quelques "liseurs" du forum catholique, qui m'ont semblé bien mieux en vrai qu'en électronique.
Tout cela sera raconté dans quelques jours.
L'événement est commémoré philatéliquement par un cachet dont je copie ici un exemplaire, trouvé dans ma boîte il y a quelques jours. Un petit peu de lecture sur "les manchots de la république" vous donnera une impression de l'ambiance de folie douce qui se dégage de ces journées.
http://kerguelen.blogs.liberation.fr/libessart/2008/06/le-jour-le-moin.html
Pour moi, la "mid winter" a été passée à Gricigliano en bonne compagnie. J'ai assisté à de nombreuses ordinations qui ont donné deux nouveaux prêtres, deux diacres, 5 sous diacres et une pléthore d'acolytes, exorcistes, lecteurs et portiers à la Sainte Eglise. La "promo" de cette année comprend 15 séminaristes, qui ont pris la soutane il y a quelques jours.
J'ai aussi passé du bon temps et découvert (au pas de course) Florence, qui est d'une beauté à couper le souffle. J'ai même croisé quelques "liseurs" du forum catholique, qui m'ont semblé bien mieux en vrai qu'en électronique.
Tout cela sera raconté dans quelques jours.
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John Zorn à Paris La Villette : dernier soir, musique de chambre 27/06/2008
Regardez ce que le barman de la cité de la musique m'a rendu comme pièce : un 2 euros belge commémoratif
Dernier soir : musique de chambre.
Plus de place debout : tout le mode est assis. J'avais decide de ne pas poireauter une heure avant pour un fauteuil, bien m'en a pris. Expectation is a prison.
"777" ouvre la soiree. Trio de violoncelles avec le talentueux Eric Friedlander entrapercu hier. C'est etonnant, au demeurant, ce que le remplacement d'un musicien peut changer un groupe. Il y a peu de difference entre Bar Kokhba et Electric Masada, et pourtant nul ne confondrait les deux groupes. (Electric Masada me donne envie d'envahier la Pologne, Bar Kokhba pas). C'est comme si un ensemble avait une vie propre. Robert Fripp, par exemple, reconnait King Crimson qui apparaît sous un autre de ses groupes, sans intervention de sa part.
Ensuite, Grigri, pour percussions accordees. Beau virtuose. Puis un duo pour deux clarinettes basses sautillantes.
"(Trois points) fais ce voudras" est le suivant, pour piano solo. C'est inventif, varie mais un peu long. 20 minutes.
Après l'entracte, "necronomicon", un superbe quatuor en cinq mouvements par le Quatuor Crowley (sic). Très beaux mouvements lents.
Voilà! Zorn revient en 2009 pour jouer la musique de Serge Gainsbourg. Je ne plaisante pas.
Spécial dédicace à ZornFan du forum Mike Patton. J'étais derrière vous ce soir, et pas loin les autres soirs. C'est vrai que, sur votre avatar, la tête est un peu petite et un peu en bas mais vous êtes reconnaissable quand même ;-)))
Plus de place debout : tout le mode est assis. J'avais decide de ne pas poireauter une heure avant pour un fauteuil, bien m'en a pris. Expectation is a prison.
"777" ouvre la soiree. Trio de violoncelles avec le talentueux Eric Friedlander entrapercu hier. C'est etonnant, au demeurant, ce que le remplacement d'un musicien peut changer un groupe. Il y a peu de difference entre Bar Kokhba et Electric Masada, et pourtant nul ne confondrait les deux groupes. (Electric Masada me donne envie d'envahier la Pologne, Bar Kokhba pas). C'est comme si un ensemble avait une vie propre. Robert Fripp, par exemple, reconnait King Crimson qui apparaît sous un autre de ses groupes, sans intervention de sa part.
Ensuite, Grigri, pour percussions accordees. Beau virtuose. Puis un duo pour deux clarinettes basses sautillantes.
"(Trois points) fais ce voudras" est le suivant, pour piano solo. C'est inventif, varie mais un peu long. 20 minutes.
Après l'entracte, "necronomicon", un superbe quatuor en cinq mouvements par le Quatuor Crowley (sic). Très beaux mouvements lents.
Voilà! Zorn revient en 2009 pour jouer la musique de Serge Gainsbourg. Je ne plaisante pas.
Spécial dédicace à ZornFan du forum Mike Patton. J'étais derrière vous ce soir, et pas loin les autres soirs. C'est vrai que, sur votre avatar, la tête est un peu petite et un peu en bas mais vous êtes reconnaissable quand même ;-)))
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John Zorn, quatrième soir : Masada string trio, Bar Kokhba, Masada 27/06/2008
Masada, baby! Et une folle en cadeau, ça me fait plaisir.
Un coup de barre au debut m'empeche d'apprécier un Masada String Trio qui peine a se reveiller lui aussi mais se rattrape vers la fin.
Puis c'est Bar Kokhba, sextuor groovy, qui met le feu a la salle. Le concert serait alors parfait si une bonne femme givree n'avait pas alors l'idee de se mettre a danser dans une allee laterale. On est a Pleyel ce soir, autant dire pas en boite de nuit. Et elle danse! Ca n'arrete pas! Elle danse pendant les applaudissements! Elle danse quand il n'y a rien sur scene! Elle dans quand il y a quelque chose! Et pendant l'entracte, elle chante, ou plutot tente de chanter ce que les mendiants dans le metro appellent plus modestement "une petite chanson de mon pays". La cuite ultime de Janis Joplin, pire, de Donna Jean Godchaux, en plus informe.
Elle se calme sous les lazzi de la salle, et arrete definitivement lorsqu'un "shut up" bien senti tombe du balcon. Mais qui est cette tarée? Et pourquoi ne l'a t on pas déjà virée ? A 60 euros la place, ca, c'est quelque chose qu'on est en droit d'attendre. Expectation is a prison, indeed.
Les chachas parmi mes lecteurs objecteront que non, "elle etait pleine de vie", "le trop plein de grâce l'habite", etc. Trop plein mon cul. C'etait un parasitage en regle, clairement manifestee par l'habit completement blanc de la pénible, et par son chant de plus en plus piano au fur et a mesure que la salle exprimait son irritation.
Habit blanc pour etre vue dans le noir, pianissimos et tentatives de reprise car elle etait consciente qu'elle n'etait pas a sa place. Foin donc de la Muuusique qui fond sur vous et qui vous possede : madame voulait simplement s'offrir une scene a cote de la scene, se mettre en valeur sans en payer le prix. Il aurait ete heureux et charitable pour tous que le prix a apyer se concretisat sous la forme d'un videur.
Je plains les pauvres spectateurs qui ont du se farcir tout le concert avec une follle gesticulant dans l'ombre a deux metres d'eux. J'etais au moins separe d'elle par quelques rangees de spectateurs. Comment arriver a etre present pour la musique avec une telle distraction?
Masada, a part ca? Bien. Groovy. Punchy. Je ne me souviens plus tellement. Avec un peu de chance, on reverra ca sur Dime, comme c'est parait-il le cas pour le concert de lundi.
Puis c'est Bar Kokhba, sextuor groovy, qui met le feu a la salle. Le concert serait alors parfait si une bonne femme givree n'avait pas alors l'idee de se mettre a danser dans une allee laterale. On est a Pleyel ce soir, autant dire pas en boite de nuit. Et elle danse! Ca n'arrete pas! Elle danse pendant les applaudissements! Elle danse quand il n'y a rien sur scene! Elle dans quand il y a quelque chose! Et pendant l'entracte, elle chante, ou plutot tente de chanter ce que les mendiants dans le metro appellent plus modestement "une petite chanson de mon pays". La cuite ultime de Janis Joplin, pire, de Donna Jean Godchaux, en plus informe.
Elle se calme sous les lazzi de la salle, et arrete definitivement lorsqu'un "shut up" bien senti tombe du balcon. Mais qui est cette tarée? Et pourquoi ne l'a t on pas déjà virée ? A 60 euros la place, ca, c'est quelque chose qu'on est en droit d'attendre. Expectation is a prison, indeed.
Les chachas parmi mes lecteurs objecteront que non, "elle etait pleine de vie", "le trop plein de grâce l'habite", etc. Trop plein mon cul. C'etait un parasitage en regle, clairement manifestee par l'habit completement blanc de la pénible, et par son chant de plus en plus piano au fur et a mesure que la salle exprimait son irritation.
Habit blanc pour etre vue dans le noir, pianissimos et tentatives de reprise car elle etait consciente qu'elle n'etait pas a sa place. Foin donc de la Muuusique qui fond sur vous et qui vous possede : madame voulait simplement s'offrir une scene a cote de la scene, se mettre en valeur sans en payer le prix. Il aurait ete heureux et charitable pour tous que le prix a apyer se concretisat sous la forme d'un videur.
Je plains les pauvres spectateurs qui ont du se farcir tout le concert avec une follle gesticulant dans l'ombre a deux metres d'eux. J'etais au moins separe d'elle par quelques rangees de spectateurs. Comment arriver a etre present pour la musique avec une telle distraction?
Masada, a part ca? Bien. Groovy. Punchy. Je ne me souviens plus tellement. Avec un peu de chance, on reverra ca sur Dime, comme c'est parait-il le cas pour le concert de lundi.
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John Zorn, troisième soir (bis) : Cinema 27/06/2008
Quelques mots sur le troisieme soir (musiques de film). Des court metrages experimentaux etaient projetes, et Electric Masada jouait dessus, dans l'ombre.
Le premier film : un collage paresseux de scenes d'un film exotique des années 30 (princesse, rajah, crocodiles, volcan) avec un groove souple. Le film seul aurait fatigué, l'ensemble est hypnotisant, avec quelques plans peu figuratifs (une bougie, des eclaboussements) et charmants.
Second film : collage pretentieux sans queue ni tete, encore quelque chose qui veut imiter l'impressionisme et n'arrive qu'a exprimer "la brutalite de la vie moderne", comme a peu pres tout ce qui est experimetal. Mais la musique! Un assaut sonore de pres de dix minutes, cent fois meilleur que les images qu'elle illustrait.
Troisieme film : un truc rigolo sur le magicien d'Oz qui m'a fait penser au moment ou je bidouillais des sprites sur mon Amstrad, suivi par un interminable truc kaleiodscopique qui n'aurait jamais du sortir du banc de montage. Zionzions et bleeps du laptop de Ikue Mori. Bof bof.
Dernier film : quelques moments de la vie de deux femmes, filmés de facon a leur ôter le sens et a les poetiser : du fil qu'on enroule, un bal, une statue qui danse dans un parc (Central Park, puisque j'ai cru reconnaitre la fontaine de Bethesda). Sublime! Et un bel accompagmement de cordes qui rachete les errances precedentes.
Après cela, plusieurs bis de Electric Masada qui dechiraient grave. Bon concert, encore meilleur quand il n'y avait pas d'images.
Le premier film : un collage paresseux de scenes d'un film exotique des années 30 (princesse, rajah, crocodiles, volcan) avec un groove souple. Le film seul aurait fatigué, l'ensemble est hypnotisant, avec quelques plans peu figuratifs (une bougie, des eclaboussements) et charmants.
Second film : collage pretentieux sans queue ni tete, encore quelque chose qui veut imiter l'impressionisme et n'arrive qu'a exprimer "la brutalite de la vie moderne", comme a peu pres tout ce qui est experimetal. Mais la musique! Un assaut sonore de pres de dix minutes, cent fois meilleur que les images qu'elle illustrait.
Troisieme film : un truc rigolo sur le magicien d'Oz qui m'a fait penser au moment ou je bidouillais des sprites sur mon Amstrad, suivi par un interminable truc kaleiodscopique qui n'aurait jamais du sortir du banc de montage. Zionzions et bleeps du laptop de Ikue Mori. Bof bof.
Dernier film : quelques moments de la vie de deux femmes, filmés de facon a leur ôter le sens et a les poetiser : du fil qu'on enroule, un bal, une statue qui danse dans un parc (Central Park, puisque j'ai cru reconnaitre la fontaine de Bethesda). Sublime! Et un bel accompagmement de cordes qui rachete les errances precedentes.
Après cela, plusieurs bis de Electric Masada qui dechiraient grave. Bon concert, encore meilleur quand il n'y avait pas d'images.
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Zorn, lundi soir : réponse à Alexandre 27/06/2008
Une petite reponse a mon lecteur qui se defend - et il a bien raison. Votre premier commentaire laissait croire qu'il se rapportait au style de musique, alors que le second laisse clairement voir que vous en avez après le concert de lundi.
J'entends donc que vous connaissiez le style de Painkiller et celui du duo Frith/Zorn. Faut-il dire alors "bruitisme academique", "fonctionnaires de l'epate" alors que vous pensez "ils ne sont pas bons ce soir"?
J'ai trouve pour ma part qu'ils etaient un peu mous, mais que la musique n'etait pas mauvaise. Si j'avais connu mon Frith ou mon Painkiller sur le bout des doigts, peut-etre aurais-je eu des attentes plus fortes et aurais-je ete decu?. "Expectation is a prison". Mais ce n'etait pas mon cas lundi.
Je lis aussi sur la zornlist que les concerts precedents de PK etaient meilleurs, et que le groupe sortait d'un tornade d'emmerdes du week end, y compris avec les douanes italiennes. Tout cela peut contribuer a enerver les musiciens et a donner une ambiance particuliere au concert. C'est malheureux mais c'est ainsi. Parfois, nous devons encaisser ou avaler des couleuvres que nous n'avons pas causees, pas meritees et pas voules. C'est la vie. Et parfois, des benedictions nous tombent dessus sans s'etre fait desirer et nous ne les voyons pas.
Pour un concert, cela signifie qu'on s'en remet toujours a l'artiste, et que, sauf foutage de gueule caracterise, bon ou mauvais concert, c'est le même prix. Le billet achete ne nous donne aucun droit, même s'il est cher. Parfois, c'est comme lundi, et parfois comme mardi, ou j'aurais raque 80 euros sans discuter. Le "droit" d'obtenir une qualite de musique proportionnelle au prix du billet est une autre forme d'attente, donc une autre prison.
J'avais extrapolé de vos propos que "fonctionnaires de l'épate" (je vous cite de mémoire) était une qualité des musiciens, alors que c'était dans votre esprit une qualité des musiciens le soir du concert. Cela me choque moins ; mais n'allez pas penser que, parce qu'ils ont été mauvais ce soir-là, ils sont toujours mauvais dans cette incarnation là.
J'entends donc que vous connaissiez le style de Painkiller et celui du duo Frith/Zorn. Faut-il dire alors "bruitisme academique", "fonctionnaires de l'epate" alors que vous pensez "ils ne sont pas bons ce soir"?
J'ai trouve pour ma part qu'ils etaient un peu mous, mais que la musique n'etait pas mauvaise. Si j'avais connu mon Frith ou mon Painkiller sur le bout des doigts, peut-etre aurais-je eu des attentes plus fortes et aurais-je ete decu?. "Expectation is a prison". Mais ce n'etait pas mon cas lundi.
Je lis aussi sur la zornlist que les concerts precedents de PK etaient meilleurs, et que le groupe sortait d'un tornade d'emmerdes du week end, y compris avec les douanes italiennes. Tout cela peut contribuer a enerver les musiciens et a donner une ambiance particuliere au concert. C'est malheureux mais c'est ainsi. Parfois, nous devons encaisser ou avaler des couleuvres que nous n'avons pas causees, pas meritees et pas voules. C'est la vie. Et parfois, des benedictions nous tombent dessus sans s'etre fait desirer et nous ne les voyons pas.
Pour un concert, cela signifie qu'on s'en remet toujours a l'artiste, et que, sauf foutage de gueule caracterise, bon ou mauvais concert, c'est le même prix. Le billet achete ne nous donne aucun droit, même s'il est cher. Parfois, c'est comme lundi, et parfois comme mardi, ou j'aurais raque 80 euros sans discuter. Le "droit" d'obtenir une qualite de musique proportionnelle au prix du billet est une autre forme d'attente, donc une autre prison.
J'avais extrapolé de vos propos que "fonctionnaires de l'épate" (je vous cite de mémoire) était une qualité des musiciens, alors que c'était dans votre esprit une qualité des musiciens le soir du concert. Cela me choque moins ; mais n'allez pas penser que, parce qu'ils ont été mauvais ce soir-là, ils sont toujours mauvais dans cette incarnation là.
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